samedi 16 mai 2015

Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore.


Cette année à Cannes, j'ai eu la chance de voir pour vous :

#3

- Ni le ciel ni la terre
France, 2015
De Clément Cogitore
Scénario : Thomas Bidegain, Clément Cogitore
Avec : Jérémie Renier
Durée : 1h40
Section du Festival : Semaine de la Critique

Pour parler de ce film il nous faut un pitch, copié-collé, le voici d'abord :

Afghanistan 2014. À l'approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan. Malgré la détermination d'Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Par une nuit de septembre, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

Fin du pitch et début d'un film fort et maîtrisé. Clément Cogitore a trouvé dans le capitaine Bonassieu (Jérémie Rénier) son propre  Martin Sheen, le capitaine Benjamin d'Apocalypse Now de Coppola. Une comparaison qui ne garde de proportions que celles des ténèbres et de la peur. Les soldats,  - ici des Français mais n'y a t-il pas une seule sorte de soldats - ,  confrontés au mystique dans une mission qui tourne au cauchemar. Les hommes disparaissent, certes, mais le spectateur n'a pour yeux que ceux des caméras infrarouges et des plans subjectifs sur des soldats apeurés et déstabilisés dans leurs croyances, des deux cotés d'une frontière absurde et rocailleuse. Il y a du Babel dans les yeux des Afghans.
L'intensité du jeu, parfois et c'est le seul bémol, un peu trop juvénile du capitaine Rénier est saisissant. À la fois cartésien et onirique, le film ne tombe jamais dans le fantastique facile et offre un huis-clos aux horizons infinis, surtout la nuit. Une bande son extrêment colorée, en contraste avec une image quasi noir et blanc, la musique y est religieuse et signée Eric Bentz et François-Eudes Chanfrault.

Un film qui reste, qui entête.


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